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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 23:22
Le cèdre de l'Himalaya et le début de l'arrachage....
Le cèdre de l'Himalaya et le début de l'arrachage....

Le cèdre de l'Himalaya et le début de l'arrachage....

 

Le Jardin du Presbytère, écrin d'un patrimoine historique de Saint André,

Ses arbres séculaires et ses ombrages,

Ses oiseaux et ses cigales, 

Son puits et sa nappe phréatique SONT EN GRAND DANGER.

 

Faisant fi, et s’en vantant, des procédures administratives règlementaires, le maire de Saint André de Sangonis a entrepris des travaux importants dans le « jardin du presbytère » rue Bayard à Saint André.

Ni le conseil municipal ni même les adjoints n’ont été consultés.

Le mur d’enceinte a été démoli et les travaux ont commencé sans respecter les règles d’urbanisme ; le décaissement du jardin et l'abattage des premiers arbres a été entrepris par les services techniques avant même toute procédure légale.

Nous avons obtenu l’arrêt provisoire du chantier.

Les arbres du jardin, le jardin lui-même et tout le biotope sont menacés.

Pourtant c’est l’un des rares espaces verts du centre de notre village.

Le croquis succinct apposé tardivement devant le jardin fait mention d'un parking de 12 véhicules placés en épi entrant loin dans le jardin; aucun espace n'est prévu pour le portail de la clôture de grillage vert annoncée (l'équivalent de la grille de chantier actuelle).

Un décaissement profond en dénivelé sera indispensable pour rattraper à partir de la rue le niveau du jardin qui est nettement plus élevé.

Il ne pourra se faire qu’en supprimant plusieurs arbres anciens et en blessant les racines des arbres plus éloignés.

Il est certain que le nombre de places de stationnement ne sera pas augmenté par rapport à la situation antérieure et que le danger d’accidents sera plus grand lors de la sortie des véhicules à « reculons » dans une courbe de la rue Bayard. Où est donc l’avantage que la population tirera de cet aménagement ?

De plus, le parking entraînera inexorablement des infiltrations d’huile dans le sol du jardin et des chocs sur les troncs, condamnant à terme les arbres dont le grand cèdre de l’Himalaya et le puits multi séculaire toujours en eau.

Rien n’est prévu pour le cheminement des piétons qui viendraient dans le jardin.

Le maire ose parler de la création d'un jardin public, alors qu'il est en train de le détruire pour des places de parking qui existaient déjà dans la rue en plus grand nombre!!!

 

Nous demandons, ce qui est prévu par les textes et qui est obligatoire, la convocation rapide par Monsieur le maire, d’une réunion publique de concertation au cours de laquelle le projet exact sera présenté et les avis des citoyens exprimés et entendus. Aucuns travaux ne doivent démarrer avant cette consultation.

Rejoignez notre combat :

Vous pouvez aussi envoyer des messages à Monsieur le maire sur son adresse email : patrick.lambolez@sangonis.fr

A propos de l’obligation de consulter les citoyens voir les textes législatifs à l’adresse suivante :

http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/approfondissements/democratie-proximite.html

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 15:25


 Lawrence Anthony, extrêmement populaire en Afrique du Sud et auteur de 3 livres dont le best-seller The Elephant Whisperer (L'homme qui parlait aux éléphants") , a fait de sa vie un combat pour sauver la faune des savanes et de capture,  comme le sauvetage des animaux de zoo de Bagdad lors de l'invasion américaine en 2003; il a réhabilité des éléphants dans le monde entier.

 Le 7 Mars 2012 Lawrence Anthony est mort, laissant son épouse, ses 2 fils, ses 2 petits-fils et de nombreux éléphants. 
Deux jours après son décès, les éléphants sauvages se sont présentés à son domicile mené par deux grandes matriarches. D’autres troupeaux sauvages sont arrivés separement en masse pour dire au revoir à leur ami humain.
Un total de 31 éléphants ont patiemment marché plus de 20 kms pour se rendre à sa maison en Afrique du Sud.

Témoins de ce spectacle, les humains étaient abasourdis, non seulement par la précision du moment où ces éléphants ont détecté le décès de Lawrence, mais aussi par cette manifestation d'émotion profonde que les animaux  ont montrée d'une façon organisée:
> > Une marche lente de leur habitat jusqu'à la maison de Lawrence - pendant des jours – en file indienne de facon solennelle.
> > Alors, comment après la mort d'Anthony, ces éléphants de la réserve qui vivent dans des régions éloignées du parc – ont-ils su? 
> > «Un homme bon est mort subitement», dit le rabbin Leila Gal Berner, Ph.D., «et a plusieurs kms de distance, deux troupeaux d'éléphants qui ont détecté qu'ils avaient perdu un ami cher, ont commencé a se déplacer comme dans une procession solennelle, presque« funèbre « jusqu'à la maison du défunt pour montrer leur respect à sa famille »

> > «S’il fallait avoir une preuve de la merveilleuse 'interdépendance de tous les êtres vivants, la voila avec les éléphants de la reserve deThula Thula dont nous en avons la preuve. Le cœur d’un homme s'arrête, et le cœur de centaines d’éléphants est en deuil. Le cœur de cet homme a offert la guérison a ces éléphants, et maintenant, ils sont venus pour rendre un hommage affectueux à leur ami. "

La femme de Lawrence, Françoise, était particulièrement touchée, sachant que les éléphants n'étaient pas revenus chez lui depuis plus de 3 ans!
Mais pourtant, ils savaient où ils allaient.
 Les éléphants de toute évidence ont voulu montrer leur profond respect, et honorer leur ami qui leur a sauvé la vie, en restant la devant la maison pendant 2 jours et 2 nuits sans rien manger.
Puis, un matin, ils sont repartis.

  Wild Elephants gather inexplicably, mourn death of “Elephant ...

Lawrence Anthony  était un défenseur de l'environnement international très engagé, explorateur et auteur à succès.
Il avait crée une réserve à Thula Tula  au Zululand en Afrique du Sud, ou il demeurait avec sa femme et ses enfants. Lorsqu'on  lui demanda  de recueillir un troupeau d’éléphants sauvages et traumatisés dans sa réserve de Thula Thula en Afrique du Sud, son bon sens l'incita tout d'abord à refuser.

Quand il sut que les éléphants seraient abattus s'il ne changeait pas d'avis, il décida finalement de les sauver. Au cours des années qui suivirent, Lawrence Anthony devint petit à petit un membre de leur famille, créant des liens inaliénables avec les membres du troupeau. Il comprit alors que ces créatures exceptionnelles avaient beaucoup à lui apprendre sur la vie, la loyauté et la liberté.

Anthony avait la réputation d'initiatives de conservation aussi audacieuses que risquées, comme le sauvetage du zoo de Bagdad après la guerre  d'Irak de 2003 ou les négociations avec l' armée rebelle dans le sud du Soudan, pour protéger les especes en voie de disparition , y compris le dernier des rhinoceros blancs du nord.
Anthony, 61 ans, est décédé d'une crise cardiaque à 61 ans, et les éléphants sont venus lui rendre hommage, à la façon dont les éléphants pleurent la mort d'un des leurs.

« L'Homme qui murmurait à l'oreille des Eléphants » est le récit captivant, drôle et émouvant de l'aventure vécue encore à ce jour par Lawrence Anthony auprès de ces animaux aussi impressionnants que sympathiques.

 

 

lawrence-anthony-elephant



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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 02:07

Bonne nouvelle pour commencer la semaine que cette initiative pour communiquer avec l'animal: Connecter les animaux à Internet!

Les grands singes, savent depuis plusieurs années se servir des ordinateurs pour  communiquer avec l'homme.

Si les singes ne peuvent pas parler à cause d'un larynx trop haut les empechant de moduler une large palette de sons, depuis les années 50, les chercheurs ont établi la communication avec eux, d'abord avec le langage des signes, puis en utilisant des lexigrammes, chacun étant associé à un objet ou une idée (le Yerkish).


Le projet de Peter Gabriel est une  recherche de nouveau langage utilisant les derniers outils informatiques.
La médiatisation du projet par le chanteur de Genesis contribue à faire connaitre au grand public l'intelligence des espèces.

Notre époque est paradoxale, car à coté des découvertes toujours plus nombreuses sur l'intelligence et la sensibilité animales, on inflige aux animaux de batterie la vie et la mort les plus épouvantables de l'histoire humaine.

Bonne lecture et bonne semaine!


 AFP LE 01/02/2013

Connecter les animaux à Internet! C'est le projet, consistant à développer de nouvelles interfaces pour permettre aux animaux de se connecter à internet,  que le chanteur britannique Peter Gabriel a présenté vendredi 1er mars lors de la prestigieuse conférence TED, en Californie (Etats-Unis).

"L'outil le plus incroyable que l'homme ait jamais inventé est sans doute internet", a estimé Peter Gabriel. "Que se passerait-il si nous pouvions découvrir de nouvelles interfaces --audio, vidéo-- qui nous permettraient de communiquer avec les espèces remarquables avec qui nous partageons notre planète?", s'est-il demandé.

Un premier projet avec des dauphins

L’initiative de l’ancien chanteur du groupe Genesis est soutenue par Vint Cerf, considéré comme l’un des pères fondateurs d’internet, Diana Reiss, une psychologue réputée pour ses travaux sur l’intelligence des dauphines, et Neil Gershenfeld, professeur au prestigieux Massachusetts Institute of Technology.

«Je travaille avec des musiciens qui viennent des quatre coins du monde. Parfois nous ne parlons aucune langue en commun. Nous nous asseyons derrière nos instruments et ça devient une manière de se connecter les uns aux autres», a poursuivi le musicien, qui a notamment diffusé une vidéo de lui improvisant un boeuf sur les notes jouées par un bonobo sur un clavier.

«Les animaux sont conscients, ils ont des émotions», a renchéri Diana Reiss: «Un de mes plus grands rêves serait qu’on leur donne le respect et l’attention qu’ils méritent».

Convaincu de se joindre au projet après avoir vu la vidéo de Peter Gabriel et du bonobo, Neil Gershenfeld juge important «d’apprendre à communiquer avec des espèces qui sont différentes de nous mais avec lesquelles nous partageons un environnement sensoriel».

«Ces autres espèces sensibles devraient elles aussi être reliées au réseau», a-t-il jugé.

Le capital initial dédié au projet doit permettre de développer un écran tactile pour permettre à des dauphins de se connecter à internet, selon Diana Reiss.

 

 

Si les singes savaient parler

Créé le 12-01-2012 à 16h57- Mis à jour le 13-01-2012 à 09h56

A l’occasion de la sortie du documentaire Le projet Nim, qui retrace l’histoire d’un chimpanzé élevé comme un bébé humain pour apprendre le langage, la primatologue Emmanuelle Grundmann passe en revue des différentes expériences menées sur le langage et les grands singes.

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Le chimpanzé Nim, arraché à sa mère chimpanzé à la naissance est confiée à une femme pour être élevé comme un humain, en 1973. De nouveau enlevé à cette mère adoptive, il passe entre les mains de plusieurs "professeurs" : il utilise le langage des signes. Pourtant il finit tristement sa vie en captivité et dans un centre d'expérimentations médicales. (Herbert Terrace)

Le chimpanzé Nim, arraché à sa mère chimpanzé à la naissance est confiée à une femme pour être élevé comme un humain, en 1973. De nouveau enlevé à cette mère adoptive, il passe entre les mains de plusieurs "professeurs" : il utilise le langage des signes. Pourtant il finit tristement sa vie en captivité et dans un centre d'expérimentations médicales. (Herbert Terrace)

NIM, le chimpanzé qui apprit à parler… en vain

Le psychologue américain Herbert Terrace, de l’université de Columbia (New-York), est formel. Son chimpanzé NIM a échoué dans l’apprentissage du langage. Et en analysant les résultats de ses confrères avec Washoe, Kanzi, Koko, ou encore Sherman et Austin, il va plus loin et conclut qu’aucun singe n’a jamais eu accès au langage !

A une méthodologie laxiste– très bien exposée dansle documentaire sur Nim- s’est surimposé un époustouflant numéro de dressage qui n’avait rien à voir avec de quelconques capacités cognitives, explique-t-il lui-même au début des années 1980. Une affirmation péremptoire qui fait à l’époque l’effet d’une bombe dans la communauté scientifique et marque la fin de trois décennies d’expériences sur le langage chez les primates. Pourtant, d’étonnants résultats nuancent ces conclusions pessimistes.

L’animal «muet»

L’origine du «fantasme» que représente la volonté d’apprendre à parler aux primates remonte à loin. Nous sommes en 1699 et le premier grand singe débarque en Europe, à bord d’un navire en provenance d’Asie. Décédé peu après son arrivée, le jeune orang-outan est disséqué par un médecin britannique, Edward Tyson qui, le premier, constate l’analogie entre le larynx humain et celui des singes. Mais, si l’organe existe, il n’implique aucunement que la fonction langagière en découle, expliquera-t-il. Par ailleurs, chez l’orang-outan comme chez tous les autres grands singes, il s’avère que le larynx est beaucoup plus haut que chezHomo sapiens et cette différence morphologique entraîne une incapacité d’articulation langagière. L’animal est donc «muet» selon le philosophe Descartes. Seul l’homme peut parler.

Le fantasme des singes parlants

Pourtant, au 18èmesiècle, certains scientifiques comme le Français La Mettrie voient dans le langage des sourds muets une alternative intéressante pour ces animaux qui ne peuvent visiblement pas articuler de sons. Il faudra pourtant attendre les années 1950 pour une approche expérimentale autour de cette question du langage. Le premier projet autour du chimpanzé Viki par Keith et Catherine Hayes, travaillant au Yerkes primate research center d’Atlanta (Etats-Unis), se focalise sur le langage articulé. C’est un échec. Cependant, sa méthodologie est innovante. Viki n’est pas enfermée dans un laboratoire mais immergé dans un univers humain et élevée comme un jeune enfant au sein de la famille Hayes.

L’idée est reprise par Allen et Beatrix Gardner, de l’Université du Nevada, qui débutent en 1966 le projet Washoe.

Washoeest une jeune femelle chimpanzé d’un an, capturée en Afrique pour rejoindre le contingent des auxiliaires simiesques de la NASA. Contrairement aux célèbres Ham ou Enos, Washoe n’ira jamais dans l’espace mais dans le mobil-home des Gardner. Là, elle va être immergée dans un monde humain et être élevée comme l’enfant des Gardner qui dialoguent avec elle en utilisant l’ASL (American Sign Langage). Rapidement, elle acquiert plusieurs centaines de mots, les combine et enseigne à son fils adoptif, le jeune chimpanzé Loulis, les bases de l’ASL. Un succès, repris par Roger Fouts qui a débuté comme étudiant des Gardner et poursuivra le projet ; par Lynn Miles, psychologue à l’Université du Tenessee qui enseignera l’ASL à Chantek, un orang-outan ; et par Francine Patterson, psychologue à l’Université de Santa Clara (Washington D.C) avec un gorille. Si l’une des critiques vis-à-vis de ces projets consistera à brandir le fait que les singes ne savent parler que de choses matérielles et concrètes, Francine Patterson a toujours soutenu le contraire, affirmant dialoguer avec son gorille Koko sur des sujets plus métaphysiques, tels que la vie et la mort.

L’utilisation du lexigramme, un langage artificiel

D’autres chercheurs veulent aller plus loin et vont chercher à «pénétrer» dans l’esprit des primates pour comprendre ce qui s’y passe à partir des années 70. C’est le retour aux expériences plus contrôlées en laboratoire à l’aide de langages symboliques. Ils sont faits de formes en plastique dans les études de David Premack (psychologue à l’université de Pennsylvanie) avec son chimpanzé Sarah. Puis c’est un ordinateur qui est utilisé dans les trois projets successifs de Duane Rumbaugh puis Sue Savage-Rumbaugh, psychologues au Yerkes Primate Research Center et désormais au Great Ape Trust, dans l’Iowa.

Mais la plus grande nouveauté réside dans le fait que le langage artificiel utilisé va être élaboré par deux linguistes de renom. Ce lexigramme fait de symboles non iconiques va être utilisé en parallèle sur Sherman et Austin, deux chimpanzés et sur des enfants souffrant de handicaps mentaux. C’est le début de l’Animal Model Project qui s’arrêtera avec l’arrivée du bonobo Kanzi. 

L’expérience étonnante de Kanzi

Les capacités étonnantes d’un jeune bonobo,Kanzi, adopté par Matata, une femelle étudiée par Duane Rumbaugh, vont en effet bouleverser la donne. En observant Matata, il a de lui-même commencé à maîtriser l’usage du lexigramme. Au cours de sa vie, Kanzi a ainsi acquis près de 1000 mots. Une expérience passionnante et très novatrice a mis en parallèle ce jeune mâle alors âgé de 9 ans et Alia, une petite fille de 2 ans montrant ainsi la proximité de leurs compétences langagières. Néanmoins, si la maîtrise de la langue par Alia décollera par la suite, Kanzi stagnera et ne dépassera jamais le niveau d’un enfant de 3-4 ans. 

Aujourd’hui, les dialogues entre Francine Patterson et Koko continuent (dans des contextes scientifiques beaucoup plus souples)  ainsi qu’entre Kanzi et Sue Savage-Rumbaugh, mais les autres sujets de ces expériences langagières sont soit décédés (Washoe, Nim…) soient partis à la retraite dans des zoos ou des sanctuaires crées spécifiquement pour eux. Cependant, d’autres expériences continuent et visent non plus à dialoguerstricto sensuavec des grands singes mais explorent les capacités cognitives sous-jacentes au langage comme les travaux de l’équipe de Tetsuro Matsuzawa au Primate Research Institute d’Inuyama (Université de Kyoto) [voir unevidéosur la mémoire flash des chimpanzés].

Ainsi, contrairement aux affirmations quelques peu fallacieuses et erronées de Herbert Terrace, à l’origine du projet Nim, ces études sur les singes parlants nous démontrent, au fil de leurs échecs et de leurs réussites, queles capacités cognitives sous-jacentes au langage existent bel et bien chez les primates. Comme l’affirme le linguiste Noam Chomsky, par ailleurs vivement opposé à toutes ces études sur les singes parlants, «le langage n’est pas une spécificité génétique de l’homme mais une compétence dont on retrouve les racines chez les grands singes».

Emmanuelle Grundmann

 

Que nous ont appris ces singes et ces études?

Malgré les conclusions abruptes et quelques peu biaisées d’Herbert Terrace sur Nim et sur les singes parlants en général, ces derniers nous ont ouvert un pan inédit de la compréhension de leurs facultés cognitives. Washoe [prononcer Washou], Nim, Chantek, Koko ou Kanzi ont maîtrisé des mots ou symboles qu’ils ont petit à petit combinés pour former des embryons de phrases et inventer des combinaisons inédites.


Loin d’imiter leurs expérimentateurs sans compréhension, ils initiaient d’eux même des conversations, démentant l’ hypothèse de l’effet «Clever Hans» – du nom de ce célèbre cheval du 19ème siècle qui avait soi-disant appris à compter – brandi par Terrace.

Mémoire photographique, intentionnalité, conscience de l’autre, interprétation des émotions, mensonge, toutes ces capacités sous-jacentes au langage dont les définitions varient en fonction des spécialistes qui en brossent les contours, sont présentes chez les ‘singes parlants’. S’ils ne discourent pas avec la même complexité qu’un humain, les fondations sont présentes.
Nul doute que l’étude de leurs systèmes de communication en milieu sauvage vont nous dévoiler dans les années à venir de nombreux éléments corroborant l’hypothèse qu’il n’existe pas une différence de nature entre eux et nous sur le plan du langage mais plutôt, une différence de degré.
E.G.

Depuis toute petite Emmanuelle Grundmann rêve d’Amazonie, de singes et de plumes d’oiseaux pour pouvoir s’envoler au-dessus de la canopée. Puis, Son grand-père imprimeur lui donne la passion des livres, une professeure de français, celle de la littérature. Mais en biologie, il n’y a pas souvent de place pour l’alchimie des mots, les pirouettes de lettres et les rêves couleur encre de chine. Qu’à cela ne tienne, elle part d’abord dans la forêt de Bornéo, avec les orangs outans dont elle étudiera le comportement pour sa thèse au Museum national d’Histoire Naturelle; une recherche focalisée sur les menaces pesant sur ces grands singes roux ainsi que sur la pertinence des projets de réhabilitation et de réintroduction dans un contexte de conservation de l’espèce. Puis, elle décide de se tourner vers l’écriture et les reportages, avec les primates, la forêt et la biodiversité comme sujets de prédilection. 
Elle est l’auteure de plusieurs livres :
L’homme est un singe comme les autres, Hachette Pratique (2007) 
Demain seuls au monde ? L’homme sans la biodiversité (2010) Calmann-Levy
Ces forêts qu’on assassine  (2007) Calmann-Levy.

Pour aller plus loin:

Paroles de singes, l'impossible dialogue hommes-primatesde D. Lestel,  (épuisé) Editions de la Découverte.

NIM, un chimpanzé qui a appris le langage gestuel. H. Terrace (1995) Ed. Mardaga
(la vision de Herb Terrace !)

Nim Chimpsky, the chimp who would be humande E. Hess (2009) Ed. Bantam Dell (une vision plus distanciée de l'expérience de Nim).

Emmanuelle Grundmann
pour Sciences & Avenir.fr
12/01/12

 

 

 

 

 

 

 


 

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